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Le Yi Jing Noir

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Le Yi Jing Noir

Message par Solasido le Mar 20 Sep - 18:59

Xuë wu : Le Yi Jing Noir (1/4)
par Georges SABY

Xuë wu


Voici une méthode originale d’introspection personnelle que nous décrirons plus loin. Elle est reliée au Yijing dans le cadre d’une étude du Tchan, en tant que pratique à part.
Elle a été transmise en langue française au travers de l’enseignement d’un groupement laïc bouddhiste Tchan.
Cet enseignement Tchan à visée libératrice par l’expérience personnelle a une origine dans une zone géographique de Chine. Il intègre deux voies, l’une usant de la réflexion, l’autre de pratiques ou d’exercices dont certains tirent avec certitude leur origine dans le Taoïsme chinois qui est intégré à cet enseignement non dogmatique.
En tant que méthode reliée au Yijing, elle présente la particularité de se dégager totalement du texte du Yijing actuellement connu et utilisé mondialement sous diverses variantes approchantes.
Ce Yijing noir fait donc partie des usages du Yijing sans texte, ou avec texte autre que le document traditionnel actuel. Il n’envisage pas une consultation de forme oraculaire « ou tirage », ni ne permet de poser une question pour en saisir l’ambiance visible et invisible.
Les versions du Yijing de cette catégorie sont assez nombreuses et moins connues. Elles se trouvent totalement soumises à une transmission directe entre usagers. Elles ont une nature extrêmement expérimentale. En effet on ne peut aller chez son libraire pour acheter un Yijing noir. Quant à en avoir un usage approfondi, il est requis de suivre l’enseignement Tchan pour entrer dans son ambiance spécifique. Dans ce cadre elle respecte « l’idée » de la tradition classique, se relie au nombre 64 sous la forme de 64 propositions. Son nom chinois Xuë Wu.

LA METHODE EXTERNE D’UTILISATION


Le Xuë wu se pratique selon deux modes : la méditation du hibou ou la pêche de la panthère. Une méthode interne d’utilisation concerne les pratiquants de l’étude du Tchan. Une autre externe, celle qui va suivre, peut être utilisée par ceux qui ne suivent pas cet enseignement spécifique :

MEDITATION DU HIBOU


Sur une branche, le hibou médite sur ses fautes passées, assassin de souris pour survivre, alors que ses propres petits geignent au nid attendant de nouvelles proies à gober.
Le pratiquant lit, l’une après l’autre, les 64 propositions, puis médite sur celles-ci sur le thème de : EN QUOIJE – CONCERNE- PAR TEXTE – LU.
Note : cette formulation petit nègre fait ressortir à la chinoise la façon d’agir et de se placer dans une telle méditation. L’une des méditations bouddhistes basique se pratique en laissant les pensées filer sans s’attacher à aucune d’entre elles comme des nuages glissant dans le ciel de notre esprit. Et dans ce cas exceptionnel de la méditation du hibou on laisse parfois aller cette pensée à son terme évolutif avant de passer à autre chose. Chacune des 64 propositions peut ainsi être l’objet d’une méditation d’une minute au plus.





LA PECHE DE LA PANTHERE


Elle tapote de la patte à la surface des eaux. Les poissons qui imaginent la chute d’une nourriture dans l’eau remontent et se font alors happer. Le pratiquant lira les 64 propositions, mais usera d’une méditation éclair sur chacune d’entre elles, en tentant d’amener à la surface de son esprit un « souvenir perdu » reliant chacune des propositions à un incident de son propre passé :

RECHERCHE D’UNE VISION SENSATION ECLAIR





Xuë wu : 1ère PARTIE du texte


1 – Peut-être avez-vous souhaité avoir des enfants ? Si oui, examinez les raisons de ce souhait dans leur totalité. Sinon, examinez aussi vos raisons.
2 – Sans égoïsme, vous vous êtes inquiété, attristé pour autrui. Vous vous êtes mis à sa place, vu à sa place, vous étiez sur le moment, cette autre personne.
3 – Avez-vous eu peur de l’avenir ? Si oui, vous avez, à coup sûr, pris des précautions en fonction de ce que vous ont ensei­gné vos expériences passées. Souvenez-vous des heureux résultats de ces précautions.
4 – Vous avez donné de bons conseils. Ce faisant vous étiez quel­qu’un d’important. Et d’une telle bonté !           
5 -Tous s’affolaient, sauf vous. L’incapacité d’agir, dictée par le désarroi n’était pour rien dans votre attitude. Peut-être, par la suite, l’avez-vous fait remarquer ?
6 – Esprit juste, mais caractère vif, vous vous êtes laissé entraîner dans des querelles. Mais vous aviez toujours, de votre point de vue du moment, entièrement raison. Ou presque entièrement. Souvenez-vous.           
7 – Vous avez commis des actes que la malveillance pourrait qualifier de cruels. En fait, vos actes étaient justifiés. Vous avez pensé cela. Vous le pensez encore ?
8 – Serait-il possible que vous ayez calomnié autrui ? Non, vous avez émis des critiques constructives. Il n’est, pour en avoir la certitude, que de vous souvenir.



9 – Celui (ou celle) qui avait, jusque là, paru vous mépriser, vous a distingué entre tous. Vous avez éprouvé une reconnaissance dénuée de bassesse.
10 – Vous avez manifesté à l’égard d’autrui et alors que vous vous trouviez en position dominante, une bonté dépourvue de toute affectation de supériorité. Souvenez-vous de vos pensées et de vos sensations d’alors.
11 – On vous a humilié. Tout à fait gratuitement… A votre avis actuel ?
12 – Vous alliez vous mettre en colère, a-t-on pensé. Eh bien non, vous avez gardé votre sang-froid et le sourire. A l’intérieur : Calme aussi, paix et mansuétude ?
13 – Appartenant à l’espèce humaine, vous n’êtes pas, bien sûr, d’une innocence totale. Pourtant (mais voyons !), il y a en vous moins de vilenie qu’en la plupart des humains. D’où, peut-être, une certaine méfiance à priori vis-à-vis des « autres » si peu fraternels?
14 – Comme l’air, et à peine moins, l’argent est nécessaire dans la société des hommes. Il vous est arrivé de craindre le manque d’argent (vous méprisez peut-être la richesse, mais nécessité fait loi). Vos craintes ont fait naître en vous la sagesse. Vous n’avez donc plus à craindre le manque d’argent grâce aux précautions prises ?
15 – Peut-être vous est-il arrivé de dire de vous plus de bien qu’il n’y en avait vraiment à dire ? Ou peut-être avez-vous simplement laissé entendre qu’il convenait de penser beaucoup de bien de vous ? Vos Paroles ont été perdues car, égoïstes, « les gens » se soucient peu de ce qu’est, ou n’est pas, un autre qu’eux-mêmes. Mais vous, jusqu’à quel point avez-vous cru vos propres paroles ?
16 – Prendre des risques inutiles est fou. N’est-il pas normal, dans ces conditions, que vous ayez parfois tenté de faire justice (la malveillance dirait : de nuire) sans risque ?

Xuë wu : Le Yi Jing Noir (2/4)
CRÉDITS IMAGES (DANS L’ORDRE D’AFFICHAGE) : Wildlife Learning Center / Charlie Burlingame

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Re: Le Yi Jing Noir

Message par Solasido le Mar 20 Sep - 19:08

Xuë wu : Le Yi Jing Noir (2/4)
par Georges SABY

Explo­ration du brouillard


Les termes Xuë wu signifient « étude ou exploration du brouillard ».

Son histoire


Selon la tradition, l’auteur en serait le « Gardien de la Porte », un personnage mythique connu comme le gardien du poste frontière Sino Tibétain qu’aurait franchi Lao Tseu en chevauchant un tigre. Cet homme aurait incité l’archiviste en fuite Lao Tseu qui quittait le pays, à rédiger ce texte majeur de la tradition chinoise qu’est le Dao Dë Jing. Ce Gardien de la Porte aurait ultérieurement rédigé le Xuë Wu.





Liens


Lorsque l’on revient sur la première partie composée de 16 propositions, il est aisé de relier la proposition 1 et la seconde aux concepts habituellement attribués aux registres 1 et 2 du Yijing classique :
1 – QIAN Ciel (en esprit), Elan de création,
1 – Peut-être avez-vous souhaité avoir des enfants ? Si oui, examinez les raisons de ce souhait dans leur totalité. Sinon, examinez aussi vos raisons.
2 – KUN Terre(en esprit), Accueil Réceptif (teinté d’un peu de culpabilité dans le Xuë wu).
2 – Sans égoïsme, vous vous êtes inquiété, attristé pour autrui. Vous vous êtes mis à sa place, vu à sa place, vous étiez sur le moment, cette autre personne.
Une introspection réfléchie nous conduit facilement à la certitude de l’analogie entre le texte « classique » et le Xuë Wu Yijing Noir pour les propositions de 1 à 16 et la plupart des suivantes :
16 – Prendre des risques inutiles est fou. N’est-il pas normal, dans ces conditions, que vous aviez parfois tenté de faire justice (la malveillance dirait : de nuire) sans risque ?
Ce 16 du Xuë wu propose une étude critique d’une action que nous aurions pu commettre sous l’influence d’un enthousiasme inadapté ou exagéré, ce qui est au fond l’ambiance du registre 16 du Yijing classique : YU.
Dans les 16 nouvelles propositions qui suivent certaines peuvent être facilement reliées au Yijing classique. Par exemple la 18 à ce qui est corrompu, la 20 avec le regard lointain du hibou, mais pour ce qui est du 19 de l’approche, le lien est particulier, original, mais réel.





Xuë wu : 2ème PARTIE du texte


Dans la PRATIQUE de la MEDITATION du HIBOU ou de la CHASSE de la PANTHERE :
utilisez les 16 propositions suivantes de 17 à 32 selon la méthode décrite au volet 1 du Xuë Wu
17 – Sans doute, dans le passé, avez-vous pris de bonnes résolutions. Pouvez-vous vous souvenir de quelques-unes, tenues ou non.
18 – L’être humain n’est que tard dans la Voie maître de ses pensées. En auriez-vous eu qui vous auraient, par la suite, semblé écœurantes ?
19 – Mû par le salutaire désir de rendre service, vous avez détruit ses convictions (ou illusions). Ce faisant, vous n’avez pas éprouvé « l’âpre plaisir » dont parlent les Anciens ? En ce cas, bravo !
20 – Il est bon, dit le Sage, disciple de Kong tseu, de se fixer un modèle idéal. Vous êtes vous fixé un modèle… ou dix ?
21 – Que de projets abandonnés par vous ! Il est sage d’abandonner un projet fou. Mais « fou » ne se prononce-t-il pas, quelquefois, « difficile » ou « pénible » ?    
22 – Il y a l’apparence de la chose et la chose elle-même. La lettre et l’esprit. Cela s’applique à tout : la pudeur, l’hon­nêteté. Avez-vous le souvenir de confusion possible ?
23 – Dans son char, le dément écrase le passant et dit : il n’a pas souffert. Quant à sa postérité, elle est à naître. L’homme détaché est au-delà de SON « mal » ou de son « bien » mais non au-delà du bien et du mal d’autrui selon les conceptions d’autrui. Respectant le passé, il prépare par cela même l’avenir. N’auriez-vous pas quelque souvenance personnelle d’une certaine légèreté d’actes ou d’intention vis à vis de cet autrui à venir qu’est la postérité ?
24 – L’âge sclérose. Bien des personnes âgées vous ont paru, à juste titre, peu compréhensives à l’égard de l’être jeune que vous étiez. Que pensez-vous de l’attitude de la génération nouvelle vis-à-vis de vos contemporains ?
25 – Vous avez dit du bien d’autrui sans penser toujours exactement ce que vous disiez. La politesse est une belle vertu. Et si rare!
26 – Cela arrive à, tous : vous vous êtes trouvé en position d’infériorité devant autrui. Qu’avez-vous, alors, pensé de cet autrui ? Et qu’avez-vous ressenti ?
27 – Il a dû vous arriver – cherchez bien – de dépendre, pour votre subsistance, d’une ou de plusieurs personnes autres que vous–même. Vous avez éprouvé un vif sentiment de reconnaissance ? Rien d’autre ?









28 – Il est humain d’éprouver des « sentiments excessifs ». Mais ce mot « sentiments » suffit-il ? Le corps ne participe-­t-il pas à tout ce qui passe la mesure ?
29 – Un peu de prudence est vertu. Vous est-il arrivé de pratiquer une immense vertu ?
30 – Beaucoup de courage est aussi vertu. Si ce courage est raisonné. Souvenez-vous de vos actes de courage. Et détachez­ en ce qui n’était pas raison. Ni courage.
31 – Une bonne pensée sexuelle met d’accord le corps et l’es­prit – Avez-vous le souvenir de pensées – ou d’actes – avec accord imparfait.
32 – « Le temps est la plus précieuse des denrées ». En vertu de cet adage, vous avez parfois été excédé par la lenteur d’autrui ou parce qu’un événement tardait à se produire. Votre ardeur a fait que tout a été plus vite et de façon particulièrement satisfaisante. Cela s’est certainement tou­jours passé ainsi ?





En quête de l’ombre de notre ombre


On a dit du Yijing qu’il était le grand livre du Yin. Cyrille Javary s’appuyant sur les idées de Jean François Billeter l’a démontré.
Le Xuë wu propose la quête de l’ombre de notre ombre, d’un message délivré à la fois par le conscient mais aussi par notre subconscient, sans le forcer, laissant remonter ce qui est mûr, presque naturellement.
Il rend hommage au texte originel par une utilisation au cœur de la qualité Yin !
Il est remarquable que la version proposée ici pour les personnes qui ne suivent pas l’étude du Tchan, entraîne vers une réflexion sur la valeur universelle de nos actes, qui ne vise pas à paralyser, face aux éventuelles conséquences, mais plus à éveiller la conscience et éventuellement à dégager le pratiquant des culpabilités oppressantes mais normales, de façon à le rendre libre.
La visée pratique de cette méthode saute aux yeux, non pas par un usage divinatoire du Yijing, mais bien plutôt d’un usage transformateur de la personne.
En cela le Xuë wu se relie bien à la sagesse associée traditionnellement comme une valeur essentielle du texte du Yijing classique.
Xuë wu : Le Yi Jing Noir (1/4)
Xuë wu : Le Yi Jing Noir (3/4)
CRÉDITS IMAGES (DANS L’ORDRE D’AFFICHAGE) : domaine public / RAMÓN HERMOSÍN VALIENTE

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Re: Le Yi Jing Noir

Message par Solasido le Mar 20 Sep - 19:14

Xuë wu : Le Yi Jing Noir (3/4)
par Georges SABY

Expérimentation ou avidité ?


LE LECTEUR pourrait s’empresser de lire avec une avidité intéressée les propositions qui suivent dans ce 3ème volet du Xüe wu. Mais ceci n’est pas un texte, ni un livre, mais un PROGRAMME D’EXPERIMENTATION SUR SOI-MEME.
Si vous n’êtes pas uniquement intéressé par le côté culturel de ce Yijing noir, je vous recommande de ne pas lire la suite, avant d’avoir expérimenté en pratique les deux premières parties du Xüe wu.





Expérience



L’organisation des 64 propositions a été effectuée dans le groupement Tchan d’une façon subtilement élaborée, et mûrement réfléchie. Elle vise à nous faire prendre conscience du fait que certaines valeurs sociétales ou humaines que nous croyons normales ne le sont pas, et que d’autres mériteraient une estimation mitigée.
Le Xuë wu, je le confirme, peut aider à se connecter au noyau essentiel de l’être : le cœur, l’âme. Il n’a pas la prétention d’être une méthode complète, encore moins pour un pratiquant isolé.
La pratique au sein du groupement Tchan présente quelques différences avec les propositions réservées aux pratiquants non membres. Elle s’étale sur 64 jours, et présente à la fois un travail immédiat (panthère) et aussi un autre plus lentement réfléchi (hibou).
L’expérience de la pratique du Xuë wu, par une sorte d’exercice intellectuel produit des effets qui rejoignent les grands thèmes de l’école laïque du Tchan. C’est un exercice déroutant qui met face à son masque si l’on en porte un, ou à ses masques s’ils sont interchangeables. Et si l’expérience révèle que vous n’en avez plus aucun parce que vous avez nettoyé à votre porte (et derrière elle votre intérieur), vous risquez encore la déconvenue de l’ego qui se complaît dans sa propre réussite.
Parmi les autres pièges qui peuvent nous induire sur une fausse piste lors de cette pratique, j’ai aussi remarqué que nous sommes parfois porté à juger plutôt qu’à observer et ressentir ce qui remonte de notre ombre. Et lorsque parfois rien ne vient titiller notre conscience suite à une des propositions, il arrive que le rêve de la nuit suivante apporte le matériau absent, parce que trop enfoui, ou peu acceptable, ou tellement évident…

Expérience personnelle


J’ai choisi de pratiquer la pêche de la panthère afin d’être en mesure de décrire ses effets dans ce volet 3 du Xue wu. J’ai d’abord été dérouté, puis j’ai trouvé la mesure d’un fonctionnement spontané et révélateur de moments importants et constructifs de mon histoire personnelle. Revisiter ces temps de mon passé, à l’ambiance un peu tendue, et qui ont impliqué des choix et des actes, enclenche facilement une réflexion immédiate, mais longue à construire si on la laisse se dérouler. La brièveté de l’expérience méditative proposée dans l’instant présent pour la voie de la panthère ne permet pas de réfléchir, et oblige à être plus instinctif. Le décalage entre la situation remémorée et le temps présent a des conséquences. On en vient à cerner l’essentiel. J’ai été particulièrement touché par le fait que, au passé comme au présent, j’ai dû réagir instantanément, à partir de mes ressentis et de mon histoire, là où elle en était au présent actuel ou passé de ma vie. Une des vertus du Xüe wu et du Tchan est de mettre en avant cet instant présent, qui ne cesse jamais.








Xuë wu : 3ème PARTIE du texte



Dans la PRATIQUE de la MEDITATION du HIBOU ou de la CHASSE de la PANTHERE : utilisez les 16 propositions suivantes de 33 à 48 selon la méthode décrite au volet 1 du Xuë Wu
33 – Vous avez abandonné une discussion parce qu’elle était stérile, parce que la parole de bon sens ne convainc pas, par dignité. Mais non parce que vous aviez « perdu la face » ou craigniez de la perdre.
34 – Vous avez volontairement appuyé sur une dent qui vous faisait mal. Ceci doit être pris au sens figuré, c’est une image. Souvenez-vous.
35 – Vous avez aidé autrui. Le résultat (de votre acte) a été bon. Et la suite de ce résultat ?
36 – Vous avez, à plusieurs reprises, souffert physiquement. Dans les moments de rémission de la douleur, vous est-il arrivé de penser, de différentes façons, aux autres qui ne souffraient pas – eux !
37 – Il vous est arrivé, devant des étrangers, de défendre vos proches, parents et amis. Parce que, bien entendu, vous les aimez – qu’ils aient raison ou tort – et nullement parce que, ce faisant , vous vous défendiez un peu vous-même.
38 – Le nombre, c’est la médiocrité, la majorité, c’est la sottise. Vous vous êtes trouvé en désaccord avec des représentants de la « masse » et vous avez défendu une opinion bien personnelle. Quelle a été, par la suite, la stabilité de cette opinion en vous ?­
39 – Mais il arrive malgré tout que l’élite influence la « masse » et que, parfois, l’homme du commun s’exprime comme « le sage » car « la perle peut reposer au fond de l’auge ». Vous est-il arrivé d’accepter une vérité commune sans l’expérimenter personnellement. Avez-vous « poussé le cri du loup avec la horde ? » Vous est-il arrivé, en un mot, de faire vôtre, une opinion ne reposant sur aucune expérience personnelle ?
40 – A votre avis, un, être humain peut-il appartenir à un autre ? Avez-vous, sur ce point, expérimenté personnellement ? dans un sens ou dans l’autre ?



41 – La plupart des humains regrettent le « temps qui passe »
 la fuite de leur jeunesse, la venue de la vieillesse et de la mort…Ne serait ce pas qu’ils pensent,- ou sentent – que ce « temps qui passe » a été mal employé par eux ?

42 – Si vous pouviez recommencer votre existence en conservant le souvenir de vos expériences passées : vous éviteriez toutes les erreurs commises. Donc, tout irait mieux ?
43 – Et, retrouvant l’instant présent, vous ne connaîtriez plus aucune crainte, aucune angoisse pour l’ avenir…
44 – Ne vous est-il jamais arrivé, exceptionnellement, de prendre le parti du fort contre le faible ? Le second avait tort, qu’y faire ? Pouvez-vous retrouver, dans votre mémoire, quelque circonstance exceptionnelle de ce genre ?
45 – Il vous est arrivé, par erreur due à une information insuffisante, d’émettre sur autrui des jugements sévères et erronés.. Mais autrui a agi de même à votre égard, par légèreté coupable. Vous souvenez-vous de ceci ? Et de cela !         
46 – Vous avez toujours vu le succès d’autrui sans éprouver la moindre jalousie. Au contraire…
47 – Ne serait-il pas possible que, quelque jour, des gens malveillants aient insinué que vous aviez laissé vos responsabilités à autrui ?…    .
48 – Vous avez évité les générosités déplacées qui, dans certains cas, engendrent la paresse. Ce sont là des souvenirs que l’on évoque avec satisfaction.

Xuë wu : Le Yi Jing Noir (2/4)
Xuë wu : Le Yi Jing Noir (4/4)
CRÉDITS IMAGES (DANS L’ORDRE D’AFFICHAGE) : Danis51 / tom Dean / ales krivec

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Re: Le Yi Jing Noir

Message par Solasido le Mar 20 Sep - 19:25

Xuë wu : Le Yi Jing Noir (4/4)
par Georges SABY

Libre accès ?


La richesse de ce texte et de ses propositions apparaît évidente à qui a creusé honnêtement et patiemment l’étude du Yijing. Son utilisation incite à une mise en mouvement de quelque chose d’instinctif ou de subconscient en nous. Dans le cadre du bouddhisme Tchan, l’utilisateur pratique cette expérience sous la conduite de son Maître.
Sans Maître peut être est-il utile d’être prêt, ou préparé. La formulation proposée dans ces 4 articles ne saurait être recommandable telle quelle aux personnes déséquilibrées.

Pour autant il nous a semblé important que ce texte soit accessible librement, parce que son objet n’a pas une nature dangereuse, au contraire , il vise à nous amener à l’harmonie. Simplement se creuser les méninges sur certaines de nos culpabilités peut être un peu dérangeant pour l’ordre habituel de notre intériorité. Dans une période de vie instable mieux vaudrait s’abstenir de pratiquer le Xuë wu.
Sans sectarisme, il peut être un matériau expérimental valable pour qui souhaite accéder à plus de sagesse. Il est probable que la traduction a été orientée à l’intention de personnes actuelles de nos sociétés occidentales, et qui trempent dans notre fond culturel judéo chrétien.


Hibou et Panthère dans le Yijing classique


Relier ces 64 propositions au Yijing classique n’est pas le propos de ce Yijing noir. S’il s’inspire du Yijing classique, il le détourne pour une fin éminemment semblable à celle de l’œuvre à laquelle ont participé tous ceux qui ont apporté dans l’ombre leur pierre à cet édifice majeur de la culture chinoise. Le Tchan laïc utilise ainsi à sa manière propre le thème du Yijing et son fond situationnel découpé en 64 registres archétypaux qui lui servent de prétexte et de trame.

Les usagers du Yijing classique remarqueront que le Hibou, et la Panthère, sont présents dans la tradition et le texte du Yijing classique.
Le hibou prend place au niveau de l’hexagramme 20 REGARDER, dont l’idéogramme Guan a pour partie gauche un dessin apparenté au hibou, animal fétiche des chamanes, parce qu’il a le pouvoir merveilleux de voir dans la nuit, donc dans l’invisible.



La panthère est citée plusieurs fois dans le texte le plus classique du Yijing en tant qu’animal sauvage, prédateur usant préférentiellement d’une stratégie de chasse à connotation Yin, d’attente. Elle tombe simplement d’au-dessus sur sa proie depuis une branche d’arbre. Elle est souvent comparé sur ce plan à cet autre prédateur majeur qu’est le tigre. Lui se déplace pour chasser, n’attendant pas sa proie du haut d’une branche, en usant d’une stratégie de nature plus Yang.





Xuë wu : 4ème PARTIE du texte


Dans la PRATIQUE de la MEDITATION du HIBOU ou de la CHASSE de la PANTHERE :
utilisez les 16 propositions suivantes de 49 à 64 selon la méthode décrite au volet 1 du Xuë Wu
49 – Si, au cours d’une discussion, vous avez été en désaccord avec votre interlocuteur, c’était parce que, objectivement, ses arguments étaient indéfendables. Et nullement parce que l’un et l’ autre soutenaient deux points de vue subjectifs basés sur des systèmes de valeurs différents.       
50 – Vous avez montré de la générosité. L’idée que votre geste vous donnait de l’importance n’était pour rien dans votre attitude ?
51 – Vous avez agi pour le bien d’ autrui, heureux et fier, la conscience sereine. Si, par la suite autrui a pâti ou cru pâtir de votre action, n’est-il pas un égoïste geignard ?
52 – Peut-être n’avez-vous jamais tué personne ? Peut-être n’êtes vous pas de ceux qui tuent, même en pensée. Car si la haine avait été en vous, forte à ce point-là, vous vous souviendriez. Vous souviendriez-vous ?
53 – La fidélité est, en tout domaine, une belle vertu. Fidélité en amitié, en amour, fidélité, surtout à soi-même. Belle vertu à laquelle vous n’auriez su manquer, en pensées ou en actes.
54 –  » La main qui guide doit être ferme « . Il est bien évident que, s’ il vous est arrivé d’être plus dur pour vos proches que pour l’étranger, c’était dans un but éducatif, nullement par lâcheté.
55 – Il est humain de mépriser ce qui est méprisable, de rire de ce qui est ridicule. Mais pourquoi des têtes creuses vous ont-elles moqué ? N’auraient-elles rien d’humain ?
56 – La vie est un voyage .Y aurait-il des étapes longues, brèves, ou très brèves, de votre voyage, que vous ne voudriez faire connaître d’ autrui à aucun prix ?        .
57 – Tout lui réussissait et tout a mal fini. Vous n’avez, certes, ressenti aucune joie à son échec final. Et pour tout autre, il en était de même, n’est-ce, pas ?
58 – Tout sentiment est valable en son temps. Vous Souvenez-­vous de gens qui manifestaient une gaieté odieuse dans des circonstances tristes pour vous ?
59 – Lorsque vous évoquez l’image que vous essayez de montrer à autrui, êtes-vous bien sûr de montrer l’image que vous voyez vous-même? Et cette image n’ est-elle pas, elle-même, en train de perdre la netteté de son contour ?
60 –  » Un petit filet ne peut retenir un gros poisson « . Ne vous serait-il pas arrivé d’aventure, de promettre plus que vous ne pouviez tenir ?
61 – Par bonté, par politesse? l’être humain est parfois obligé de mentir à autrui. Et à lui-même ?
62 – N’avez vous pas remarqué que, d’un certain point de vue, votre intérêt est plus important que celui de la collectivité ?
63 – La mort et le soleil ne se regardent pas en face. Mais comment pourrait-on regarder la mort, simple absence ?



64 – N’avez-vous jamais eu l’impression que votre destin, c’est vous-même ? Et que tout est bien ainsi ?





COMMENTAIRE final de l’Ecole Tchan, ou d’un de ses instructeurs :


Un adage dit que plus un être humain approche de  » l’éveil  » plus les jian-yi du xüe wu lui semblent exprimer la plus simple évidence.
Nos instructeurs – sauf exception rarissime, – vous ont mis en garde contre toute hâte. Par conséquent, le présent texte ne doit être lu que par des personnes assez proches de  » l’éveil « . Donc la plupart des propositions que vous venez de lire doivent déjà, avoir pour vous quelque chose de familier.
Pour le dernier d’entre eux, par contre, un commentaire ne sera pas inutile.
N’avez-vous jamais eu l’impression que votre destin, c’est vous-même ? Et avez-vous jamais eu l’impression qu’il est bien qu’il en soit ainsi ?

Ce dernier jian-yi correspond au dernier  » gua  » du Yi-King, 64 Wei Tsi,  » avant l’accomplissement « . Il condense, en quelque sorte, l’ensemble des implications du xüe vu. Sa signification est : tout ce qui a été, est, sera, est l’expression de la nécessité. Qui a compris cela a compris que le  » devenir  » est un vain fantôme, que du simple fait  » d’accepter ce qui est et doit être « , le samsara, l’illusion se dissipe, que ses traîtres vagues se fondent et qu’ apparaît, en lieu et place, le nirvana, le réel.

Selon un Poète taoïste :
l’homme voit alors que le désordre apparent est,
en fait, l’ordre réel et que, de toute éternité,
l’homme a été d’accord avec la nécessité de cet ordre…


Xuë wu : Le Yi Jing Noir (3/4)

CRÉDITS IMAGES (DANS L’ORDRE D’AFFICHAGE) : Konsta Punkka /  Сергей Горшков

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Celui qui voit un problème et ne fait rien
fait partie d'une solution regardée avec les yeux du passé
.


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